Qui sème le vent récolte la tempête

Ce volume poétique est constitué en vérité de 8 recueils distincts, écrits entre 2011 et 2019. L’ensemble est proposé à la lecture en deux temps.
Le premier temps est intitulé « Malgré ce monde », orienté par le gnosticisme des « sans-roi » (comme les définit Pacôme Thiellement), et sa tonalité dominante, quoique nettement pessimiste, n’en est pas moins profondément spirituelle. Un premier volet, nommé « Et puisque je ne suis plus rien » pose un regard contemplatif sur la vanité des personnes et des choses, avec le souhait d’en délivrer au moins quelque peu le lecteur. Un second volet se situe « Si loin de toi, au fond du cœur » et vous invite à voyager de l’âme personnelle vers l’esprit trans-personnel, du moi au Soi. Le troisième volet se déroule « Dans l’obscurité des chemins », et œuvre au discours poétique suivant les méandre hallucinés du grand Joë Bousquet duquel on devine alors l’influence.

Couverture de recueil de poèmes, Franc Bardòu
174 pages - ISBN n° 979-10-93692-42-5 - Prix de l'éditeur : 15€

Le dernier volet contemplatif de ce volume composite boit, quant à lui, aux sources du « Génie Aquitain », tel que Bernard Manciet l’avait évoqué à l’auteur, se trouvant invité à se tourner vers l’océan, l’arc atlantique, et ses embruns celtiques.  Ce volet, délibérément nommé « Celtibériques » s’offre tel un recueil de chants réputés irlandais ou écossais, mais que l’auteur ne souhaitait pas laisser en anglais, tels qu’ils lui étaient parvenus. Il s’agit donc d’un salut amical occitan lancé aux Celtes. Le second temps change radicalement d’état d’esprit. Son titre, « Contre ce monde », le dit bien assez clairement. Si nous ne quittons pas les orientations gnostiques paléochrétiennes, le verbe poétique se fait quant à lui beaucoup plus acerbe et incisif. Si le Soi s’exprime toujours, c’est alors pour déclarer dans un premier volet qu’il est « Fatigué d’être toi », renvoyant l’ego à sa place d’une façon plus aiguisée. Mais en s’engageant dans le volet suivant, « Tous les cris à la fois lorsque sourd le silence » donne à entendre enfin l’autre versant de la sensibilité « sans-roi », faisant basculer l’âme du lecteur d’une contemplation détachée vers une insurrection libertaire, directement liée à la prophétie puis à l’avènement du conflit anarchiste dit des « Gilets Jaunes » auquel l’auteur participa activement, au gré 

des deux volets ultimes, « Black bloc » et « Le saisissement de la peur ». Le vent, qui souffle où il veut, invite un moment à tourner le dos à ce monde de douleur et de désespérance, essayant obstinément de lire la beauté et le jour dans les ténèbres de hasards insensés et vains, dérisoires, jusqu’à peut-être y percevoir une lucarne entrouverte, quelque trou de ciel un peu plus bleu dans la grisaille des brumes. Mais le vent, finalement, se retourne et s’assombrit, faisant face à ce monde, puis s’élance et s’envole, cri de colère, vers la face couronnée du Prince de ce monde, du seul monde qu’il connaisse, qu’il dise et duquel il souffre, explosant l’imagier idéal de l’ordre insupportablement inepte, cet ordre bâti sur la souffrance de tous, pour le bienêtre de quelques uns seulement. Voici un volumineux recueil de poèmes du vent qui souffle où il veut, partout sauf là où on voudrait le voir s’enfuir. Voici une barricade levée de mots en fureur, un pavé de colère et de désespérance, jeté dans le crâne de l’argent-roi, seul Prince de ce monde maudit. C’est cette fureur qur l’artiste Hélène Rejembeau semble avoir illustrée en couverture du livre, à l’aide de son œuvre : « Le Guerrier ».

Poèmes du recueil

Chapitre III

Dans l’obscurité des chemins

Poème 49

Elle était la main de la grâce
sous la caresse de béton
se prélassant sur ton vieux corps
de souffrance et de crépuscule.

Si tu la vois passer aux champs,
soulève pour elle les cloches
que te chanteront le soir tendre
de sa consolation, farouches.

Elle se laisse parfois troubler
entre les bras de la pénombre
où tu t’endors pour ressembler
à quelqu’un qui ne l’aime pas.

Embrasse donc ainsi sa vie
comme une image de printemps
duquel tu serais floralies
et elle, le dernier instant.

Chapitre VI

Tous les cris à la fois lorsque sourd le silence

Poème 4

Le temps se gâte

Nous exigions tout ! Il nous accordaient la poussière.
Nous réclamions le monde ! Mais ils ne nous jetaient que boue.
Nous voulions traverser la terre du partage
et de la dignité, tête haute, cœur en avant
et poing levé.

Nous avons tout cassé, nié puis rejeté.
Nous avons mis feu et fumier dans les banques et les boutiques.
Nous votions pour le vent et on nous jetait terre :
ainsi, brûle leur ville, et c’est du sang qu’il pleut.
Pavés, barres et cris répondent aux mitrailleuses.
Déjà reviennent les milices,
avec leurs yeux de chars d’assaut.
Droits, chants et larmes se ruent contre le plomb
à l’heure des ténèbres.

Chapitre VII

Black Bloc

Poème 17

Voter

— 1 octobre 2017 —

Ils en appelaient au bon droit
qu’ils griffaient aux murs de la ville,
doigts de sang sur l’écu de flamme.
Mais à leur noble procession,
les brutes ont répondu la trique
aux crânes, et pieds de royal
mépris sur les dos ravagés.
Lève donc les yeux vers les branches
de l’arbre mort avant de naître :
voter ne change plus les lois !
Le poing se ferme et le feu danse
dans les yeux des peuples de braises
ne voulant plus qu’on les piétine.

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